Vendredi matin dernier, 29 mai, avant de suivre un petit séminaire au boulot, je suis allé prendre mon petit-déjeuner au NIMS. Pour l'occasion, Laura est venue avec moi, elle tenait à me faire goûter le nattô. Comme je ne connaissais pas encore très bien la cantine du site du Sengen Site, il y a trois sites sur lesquels s'étale le NIMS et je travaille sur le plus éloigné, le Sakura Site, j'ai laissé Laura passer devant moi. Elle en a profité pour me montrer la boîte du nattô, et m'a conseillé d'en prendre, au moins pour tester. C'était tout de même pour celà que j'étais venu, elle m'en avait dit beaucoup de bien. Puis je me suis servi de tout le reste, parce que j'avais faim, et surtout parce que je savais qu'il me faudrait des forces pour tenir le séminaire qui suivait. Ou bien était-ce simplement pour pouvoir dormir plus facilement sachant l'ennui mortel qui m'attendait...
Le nattô était initialement enfermé dans une boîte en polystyrène relativement bien scellée. Dès que j'ai ouvert la boîte, j'ai compris pourquoi elle était si réticente à se laisser faire. On avait sciemment rendu la délivrance du nattô à l'air difficile pour éviter une trop grande propagation de la puanteur. Toute l'atmosphère entourant la petite boîte était viciée. L'air était tellement nauséabond que mon estomac cherchait à éjecter les pauvres grains de riz que j'avais avaler jusque là. Surmontant mon dégoût, jai remarqué qu'il y avait des petits sachets fournis avec la répugnante nourriture mourrante. Laura, jubilant, m'expliqua qu'il fallait verser leur contenu et remuer rapidement avec les baguettes, comme si l'on faisait une omelette pour faire mousser le tout. Du bout de mes baguettes, au fond de mon plateau, j'ai alors tenté de bien remuer, mais celà ne plaisait pas à Laura qui commençait à son tour à profiter de l'odeur fétide. Je lui ai alors tendu la boîte, avec les baguettes que j'avais spécialement récupéré pour ce plat. Avec énergie elle s'est mise à remuer l'immondice, si bien qu'il commença à mousser. Quand elle estima qu'elle avait assez battu, elle me rendit la charmante boîte. L'odeur méphitique me revint de plus belle. Toutes les alertes de danger de mon corps s'étaient activés. Rejetant les avertissements que me renvoyaient incessament mes sens et tentant d'éteindre les alarmes hurlantes qui sonnaient dans ma tête, j'attrapai les baguettes. Dans un élan de volonté pure, j'ai attrapé un haricot. Et là, une nouvelle surprise ! L'ensemble informe semblait former un tout et baignait dans un liquide visqueux, de tel sorte qu'aucun haricots ne pouvait s'échapper sans l'accord de ses petits copains. Le haricot que j'ai attrapé restait attaché à la masse répugnante par l'intermédiaire d'un fil visqueux qui, tel un roseau, pliait mais ne rompait pas. Celà eut presque achevé de donner envie aux grains de riz de mon estomac de retrouver leurs compagnons du bol. Il était impossible que je mange ça tel quel. Je me suis alors battu avec ce maudit fil, et suivant les conseils de Laura, je l'ai noyé dans une bonne quantité de riz. Il est alors passé tout seul dans mon oesophage, sans que je ne le sente. Laura trouvant que j'avais avalé le légume des Enfers trop vite, m'encouragea à en reprendre un peu, pour, cette fois-ci, le sentir. Je devais alors être atteint d'une folie sévère ou être en transe, puisque je me suis resservi. Au lieu d'un seul haricot, j'en ai pris deux que j'ai avalé avec moins de riz que la fois précédente. Au moment ou ma dent rencontra le haricot, tout le dégout éprouvé par l'odeur et par l'aspect de la masse engluée s'était évanoui. Il avait été remplacé par une horreur plus grande encore : la consistance du haricot. Pour faire simple, c'était croquant au début, puis très farineux une fois la coque percée. Après avoir avalé une bonne partie de ma soupe miso pour faire passer, je me suis levé pour me diriger vers les serviettes. J'en ai attrapé quelques unes et je m'en suis servi pour entourer le bout des baguettes spécialement réservées au nattô. Je me suis ensuite empressé de refermer la boîte de Pandore, puis Laura l'a finalement placée à l'autre bout de la table, pour éviter toute forme de contamination. Et j'ai repris le cours de mon petit-déjeuner.
Pour vous, chers lecteurs, une photo en gros plan du nattô !!!
Non, ne me remerciez pas !
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5 commentaires:
super article, j'adore la description de la découverte du natto, très représentative de la réalité. (je laisse un commentaire pour une fois ^^)
bien reçu le blog du 2 juin, toujours aussi intéressant.
J'attends la suite avec impatience.
Gros bisous.
claudine.
HAAAAAA
enfint'as gouté le Nato (je t'avais prévenu)
brice
Ben quoi, c'est un cassoulet avarié sans les saucisses, comme au Resto U !
En fait le nato, c'est spetial : pour moi ça ressemble a du sperme qu'on aurais mélangé avec du vomit. Le gout, quand à lui n'est pas si terrible, rapport à l'aspect lorsqu'on en a dans la bouche.
Heureusement que j'ai put me "rincer" la bouche au gingembre et au wasabi (que je mange comme Jean Reno dans le film du même nom)
Content de voir que tu suis nos exploits Brice
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