花火: Hanabi, littéralement fleur de feu, est le nom japonais des feux d'artifices. Au nombre de 7000 par an, paraît-il, ils sont autant indissociables du concept de festival d'été que le katana l'est au samourai. C'est l'occasion d'ailleurs pour les japonais de revêtir un yukata, sorte de kimono d'été mais plus facile et plus agréable à porter. L'un des feux les plus connu du côté de Tôkyô est celui d'Asakusa.
La nuit tombant sur Akihabara, je suis parti à Asakusa pour assister au feu. Asakusa n'est pas vraiment à ciel dégagé. Il y a des grands bâtiments partout. Et évidemment, comme c'est un évènement connu, les lieux sont bondés. Pendant que les deux feux embrasaient les cieux d'Asakusa sous le regard bienveillants des hélicoptères, je cherchais un coin ou m'installer pour prendre des photos correctes et assister pacifiquement au spectacle. C'est qu'il faut défendre ses positions si l'on ne veux pas être déporté. Malheureusement je n'ai jamais trouvé un tel endroit. A la place j'ai fais la sardine en boîte.
Et encore, là elle sont pas serrées.

Donc le feu, c'est une heure de spectacle, et deux feus simultanément, chacun à un bout de la ville, donc impossible de voir les deux en même temps. Une heure de feu, trois quarts d'heure d'ennui. C'est très joli, mais une heure à rester debout, dans la chaleur, collé à des gens et la tête en l'air, c'est foutrement long et quand on y pense, c'est vraiment de l'argent qui part en fumée.
19h20 : Premières gerbes de lumières incandescentes. Moi j'en profitais pour prendre la pagode en photo.
Je m'attendais à quelques chose comme cela :

Et j'ai eu le droit à :
Le premier quart d'heure était marrant. Derrière moi, à ma droite se trouvait un japonais qui faisait les sous-titres à son copain qui prenait des photos. J'avais donc droit à une kyrielle de sugoiiii, sugeee parfois séparés par un shizuka na avant que ça reprenne de plus belle. Mais il a vite été remplacé par une pauvre cloche qui ne cessait de hulluler Ho... Hooo à chaque nouvelle fleur, comme si chacune des fleurs de feu était la première qu'elle voyait de sa vie. C'est long 45 minutes...
Au début j'avais une vue dégagée sur les bâtiments mais il y a un japonais qui n'a rien trouvé de mieux que de se mettre devant moi. Il cherchait lui aussi à faire des photos. Et comme j'étais derrière je voyais très bien ses photos. Hé bien c'était pas la peine d'acheter un reflex numérique avec téléobjectif pour prendre des photos pires que les miennes, qui ne sont déjà pas fameuses. Il mitraillait mais il n'y a pas une photo qui ressemblait à quelque chose. Et sa copine, la pauvre, elle tentait déséspéréement de prendre des photos avec son téléphone portable. Une riche idée! Elle n'a guère obtenue mieux que des grandes taches floues lumineuses.
Il restait le couple devant moi à ma droite. Lui il ne me dérangeait pas. Le gars prenait aussi des photos du feu et la copine cherchait à se prendre en photo avec son petit ami , à l'aide de son téléphone aussi. Mais le copain il en avait clairement rien à faire. Mais elle tentait, tant bien que mal. Si c'est ça le romantisme japonais, le pays est alors bien pauvre. Aucun intérêt pour la personne qui est à côté et, qui plus est, enfermé dans une foule chancelante et oppressante, devant un demi-feu... Enfin, l'égocentrisme japonais ne m'étonne même plus.
Il est souvent dit que les japonais préfèreraient se couper un bras plutôt que de ne pas aider... Le quidam japonais, lui, serait surtout prêt à parcourir la ville pour trouver une hache afin de nous couper le bras lui-même. C'est en tout cas l'impression que je ressens. Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est une sensation opressante, mais clairement palpable, particulièrement dans les trains. Je comprends mieux les suicides en masse. Cela vaut peut-être mieux que de finir comme ça...
Mais ce n'est pas comme si j'étais venu au Japon pour les gens...
1 commentaire:
Très joli article, quoiqu'un peu sombre in fine ... où l'on voit la distance du rêve à la réalité ! Encore que si les "fleurs de feu" réelles sont moins romantiques que celles des mangas, elles n'en paaissent pas moins spectaculaires...
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